Indiquée dans les cancers hormono-dépendants, l’hormonothérapie permet de réduire le risque de récidive. Comment ça marche ? Sous quelle forme ? Y a-t-il des effets secondaires ? On fait le point.

Ce traitement médicamenteux fait partie de l’arsenal thérapeutique des cancers de la prostate et du sein. Chez les femmes atteintes d’un cancer du sein hormonodépendant, il réduit le risque de récidive de près de 45 à 55%. 

 

Qu’est-ce qu’un cancer hormonodépendant ?

Ces cancers sont sensibles aux hormones - les oestrogènes chez la femme et la testostérone chez l’homme. C’est le cas des cancers de la prostate, de la plupart des cancers du sein (60 à 75% des cas), et de certains cancers de l’endomètre. En présence de ces hormones la croissance de la tumeur est stimulée. Elles représentent aussi un facteur de risque de récidive.

Comment fonctionne l’hormonothérapie ?

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, ce n’est pas un traitement à base d’hormones. Au contraire. L’hormonothérapie a pour but de bloquer l’action stimulante de la testostérone ou de l’oestrogène sur les cellules cancéreuses pour éviter que ces hormones ne “nourrissent“ la tumeur.

A qui est destiné ce traitement ?

Les hormonothérapies sont proposées aux hommes qui ont un cancer de la prostate, aux femmes atteintes d’un cancer du sein hormonodépendant de stade précoce ou non, ou encore métastatique.
Elles peuvent aussi être prescrites à des femmes atteintes de cancer de l’endomètre métastatique mais de façon beaucoup moins systématique que pour le cancer du sein.

Quelles sont les différents types d’hormonothérapie ?

Dans le cancer de la prostate, on prescrit généralement des analogues ou des antagonistes de la LH-RH, qui bloquent la production de la testostérone par les testicules. 
Dans les cancers du sein, il y a trois hormonothérapies disponibles :

  • Les anti-œstrogènes qui empêchent les œstrogènes de se fixer sur leur récepteur et donc stimuler la croissance de la tumeur. C’est le cas du tamoxifène.
  • Les anti-aromatases (ou inhibiteurs de l’aromatase) qui inhibent la production d’œstrogènes produits à partir des androgènes après la ménopause. C’est le cas du létrozole, de l’anastrozole et de l’exémestane.
  • Les analogues de la LH-RH qui empêchent la LH-RH de stimuler la production d’œstrogènes par les ovaires. C’est le cas de la goséréline, de la leuproréline et de la triptoréline.

 

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Quand sont-elles prescrites ?

  • Dans les cancers du sein précoce, les hormonothérapies sont administrées soit en traitement adjuvant, c’est-à-dire en complément des autres traitements (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie) pour limiter les risques de récidives. Soit en traitement néoadjuvant, c’est-à-dire de première intention, pour réduire la taille de la tumeur et la rendre opérable.
    A noter : les anti-œstrogènes sont prescrits aux femmes avant ou après la ménopause. Les anti-aromatases sont prescrits en général aux femmes ménopausées. Ils peuvent aussi être prescrits avant la ménopause, aux femmes de moins de 35 ans présentant une atteinte ganglionnaire, en raison de leur haut risque de rechute. Dans ce cas, les anti-aromatases sont prescrits en complément d’analogues de la LH-RH.
  • Pour les cancers de la prostate, l’hormonothérapie débute habituellement avant la radiothérapie puis poursuivie après la radiothérapie.

Combien de temps dure le traitement ?

Jusqu’à trois ans pour les cancers de la prostate, mais cela peut être un traitement au long cours dans les cas de cancers de la prostate métastatiques.
Pour les cancers du sein, l’hormonothérapie prescrite en adjuvant dure 5 ans. Chez les patientes avec un atteinte ganglionnaire, une prolongation peut être proposée pour sept ou dix ans au total. Des études récentes ont en effet montré que continuer ce traitement réduit les risques de récidives.

Quels sont les effets secondaires ?

Ils sont communs aux deux sexes et aux différents types d’hormonothérapie : bouffées de chaleur, baisse de la libido, prise de poids, diminution de la masse osseuse (ostéoporose), douleurs articulaires, irritabilité... 
Chez les hommes ont peut noter aussi un gonflement des testicules et des troubles de l’érection. Chez les femmes, une sensibilité de la poitrine (gynécomastie), un dérèglement du cycle menstruel chez la femme non ménopausée, une sécheresse vaginale…Les anti-aromatases augmentent aussi le risque d’atrophie vaginale. 
Des solutions existent pour y remédier. Il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin et/ou son pharmacien.
Pour les troubles liés à la sexualité, un livret réalisé en 2021 est disponible gratuitement sur le site de la fondation Arc. A télécharger ou à commander sur fondation-arc.org.