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2020 a rappelé la réalité du changement climatique. Températures record en France, multiplication des catastrophes naturelles dont la tempête Alex… Les agriculteurs sont en première ligne et doivent aujourd’hui anticiper. Mais quelles solutions adopter ? État des lieux et conseils avec les experts Mutualia.

Les effets du changement climatique en France sur l’agriculture

Le monde agricole est en première ligne de la lutte contre le changement climatique, dont les effets sont plus en plus aigus, tangibles et nuisibles.

Selon Agrifind, les effets du changement climatique en France sont variables selon la zone géographique :

  • Dans la zone Atlantique (au-dessus de la ligne Bordeaux-Grenoble)
    • Augmentation des périodes de danger sur la santé animale (souffrance thermique et baisse de la production)
    • Élévation du niveau de la mer et risque d’inondations
    • Étés plus chauds et secs
    • Risques bioagresseurs plus importants
  • Dans la zone Sud (sous la ligne Bordeaux-Grenoble)
    • Baisse de la disponibilité en eau
    • Diminution de la durée des cycles culturaux (rendement) et des zones favorables aux cultures
    • Augmentation : risques de vague de chaleur, sécheresse, érosion

Les effets se manifestent de différentes manières : 

  • Températures : le froid est responsable de 30 à 70 % de perte de rendement, tandis que la chaleur a un impact plus ponctuel.
  • Précipitations : les fortes pluies causent 5 à 30 % des pertes en grandes cultures dans le Sud, 50 % dans le Nord.
  • Événements climatiques extrêmes : la sécheresse peut occasionner entre 20 à 100 % de perte de rendement, en particulier dans le Sud. La grêle quant à elle est responsable de 5 à 50 % des pertes dans le Sud et jusqu’à 100 % en zone Atlantique.

9 mesures pour augmenter la résilience des exploitations agricoles face au changement climatique

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Entre sécheresse et vagues de grand froid, augmentation de la concentration des précipitations et de la fréquence des événements climatiques extrêmes, rien n’est pourtant joué :  l’adaptation durable du monde agricole au changement climatique reste largement possible.

1/ Gérer plus efficacement l’irrigation

La gestion de l’eau est vitale pour toute exploitation agricole, en particulier en période de sécheresse. Toutefois, comme la majorité de la consommation d’énergie dans les fermes provient du pompage des eaux souterraines, l’efficacité de l’irrigation est également essentielle pour réduire la consommation de combustibles fossiles et les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Il existe tout un arsenal de méthodes pour économiser l’eau et réduire la consommation d’énergie : irrigation au goutte-à-goutte, plantation de cultures de couverture, agriculture pluviale…

2/ Favoriser l’énergie renouvelable

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La maximisation de l’efficacité énergétique et l’abandon des combustibles fossiles sont des mesures importantes que les exploitations agricoles peuvent prendre pour réduire leur empreinte climatique.

Cela peut inclure :

  • la production d’énergie renouvelable directement à la ferme, à l’aide de panneaux solaires et d’éoliennes,
  • la minimisation de l’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides à base de pétrole,
  • la réduction de la dépendance aux intrants de combustibles fossiles pour l’agriculture, le stockage et le transport.

3/ S’orienter vers des pratiques biologiques

Depuis le milieu du XXe siècle, l'industrialisation de l'agriculture a conduit à une dépendance généralisée aux pesticides, herbicides et engrais à base de pétrole dans l'agriculture conventionnelle. L'agriculture biologique interdit la plupart des intrants synthétiques, ce qui signifie une réduction des émissions de GES, ainsi que des sols, de l'eau et des aliments plus propres.

En outre, les techniques biologiques et durables améliorent la santé et la fertilité des sols, ce qui conduit à des avantages supplémentaires favorables sur le climat.

4/ Diversifier les cultures

Les effets néfastes associés à l’intensification agricole sur l’environnement et la biodiversité, ainsi que la résilience et l’adaptabilité des systèmes de cultures au changement climatique sont de plus en plus préoccupants.

La diversification des cultures permet d’accroître le portefeuille de cultures afin de ne plus être dépendant d’un seul type. Les pratiques de diversification (rotations, semences locales, différenciations des types de cultures, réduction des surfaces par variétés, etc.) permettent de réduire l’exposition aux effets dévastateurs des événements climatiques soudains, tout en favorisant la biodiversité naturelle et en réduisant le risque d’échec total des cultures.

5/ Améliorer la santé des sols

L’agriculture du carbone est un ensemble innovant de pratiques durables qui montre un grand potentiel pour atténuer et même aider à inverser les effets du changement climatique.

Grâce à la photosynthèse, les plantes servent de puits de carbone pour extraire le CO2 de l'atmosphère. Environ 40 % de ce carbone est ensuite déposé dans le sol, où il se nourrit de micro-organismes comme les bactéries, les champignons, les protozoaires et les nématodes. Ces créatures, en retour, donnent des nutriments minéraux aux plantes, fournissant un engrais naturel.

Les exploitations agricoles peuvent soutenir ce processus de séquestration du carbone en augmentant la matière végétale et en renforçant la fertilité des sols grâce à des pratiques telles que l'application de compost, la plantation de cultures de couverture et la culture réduite ou sans labour.

6/ Adopter des pratiques de gestion « vertes »

Les pratiques de gestion des terres telles que le reboisement des parcours, la restauration des zones riveraines et la plantation de haies et d'autres plantes vivaces présentent de nombreux avantages, tels que fournir un abri à la faune, embellir les fermes et attirer des insectes utiles pour la pollinisation et la lutte naturelle contre les ravageurs.

Sur le plan climatique, les arbres, arbustes et autres végétaux ligneux stockent également du carbone dans leur biomasse, protègent le sol de l'érosion et conservent l'eau.

7/ Réduire les émissions de méthane du bétail

L'agriculture est responsable de près de 20 % des émissions de GES en France, et les émissions de méthane provenant du bétail et du bétail laitier en sont la principale source (68 %).

Par la décomposition anaérobie, les lagunes à fumier des fermes industrielles laitières et bovines (opérations d'alimentation animale concentrée ou CAFO) créent des émissions nocives et polluent notre approvisionnement en eau.

La gestion holistique du bétail basée sur les pâturages, grâce à des pratiques telles que le pâturage en rotation, peut aider à atténuer cet impact. En effet, les graminées des prairies naturelles fournissent un fourrage de haute qualité qui est meilleur pour la digestion de bêtes.

8/ Protéger les terres agricoles

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La France perd régulièrement de nombreuses terres agricoles en raison de divers facteurs (accroissement de la population et des zones urbaines, tourisme, déprise agricole…). Rien qu’entre 2012 et 2018, la France a perdu 35 853 hectares de terres agricoles.

La conservation des terres est un enjeu crucial non seulement pour notre approvisionnement alimentaire, mais aussi pour le climat, étant donné le potentiel des fermes et des parcours gérés de manière durable pour séquestrer le carbone et réduire les émissions de GES.

Elle permet également de préserver les sources de nourriture locales, protège l'habitat de la faune et promeut la biodiversité, entre autres impacts favorables au climat.

9/ Favoriser les circuits courts et les marchés fermiers locaux

Près de 31 % de l’empreinte énergétique de l’alimentation en France provient de son transport « du champ à l’assiette ». Tous ces transports utilisent des combustibles fossiles et d'autres ressources naturelles et génèrent des émissions de GES.

Lorsque les agriculteurs vendent directement au marché ou par le biais d'autres canaux de distribution locaux (restaurateurs par exemple), la nourriture est transportée sur de plus courtes distances, ce qui préserve ces ressources.

Favoriser les circuits courts réduit l’empreinte énergétique du secteur alimentaire, aide les producteurs à préserver leurs terres et les consommateurs à obtenir des produits frais d’excellente qualité, tout en encourageant le lien social.

2 outils de protection essentiels pour les exploitations agricoles

1/ L’assurance récoltes

Aujourd’hui plus que jamais, opter pour un contrat multirisques climatique récoltes est indispensable. Avec l’assurance récoltes, les exploitants agricoles peuvent faire face plus sereinement aux aléas climatiques, d’autant que ce type de contrat est éligible aux subventions des pouvoirs publics pour les deux premiers niveaux de garanties.

Comme pour tout contrat d’assurances, une multirisques climatique s’articule autour de plusieurs niveaux de garanties, depuis un contrat « socle » qui permet de couvrir l’essentiel des pertes à la suite d’un événement climatique (sécheresse, tempête, gel, grêle, etc.), jusqu’à des niveaux de garanties s’adaptant parfaitement aux besoins spécifiques de chaque exploitant.

Retrouvez l’ensemble des dommages couverts par l’assurance récoltes, les indemnisations, les subventions et le capital garanti sur le site de la Fédération Française de l’Assurance.

2/ L’assurance paramétrique

Ce type d’assurance est relativement nouveau. Il est lié aux nouvelles technologies et au big data. L’assurance paramétrique, ou assurance indicielle, est basée sur un montant forfaitaire et contractuel défini en amont.

Elle s’enclenche dès lors qu’un seuil d’indice climatique (température, taux d’humidité, pluviométrie…) fixé à l’avance est dépassé et permet une indemnisation automatique calculée au plus juste grâce à l’usage des nouvelles technologies basées sur l’exploitation des données.

Toutes les activités dites « météo-sensibles » peuvent souscrire une assurance paramétrique. 90 % des pertes économiques liées au climat n’étant pas couvertes par une assurance traditionnelle, l’assurance paramétrique est un excellent complément à l’assurance récoltes.

En savoir plus sur l’assurance paramétrique sur Mutualia.fr