Les nouvelles technologies au service de l’agriculture

Les nouvelles technologies au service de l’agriculture

Depuis toujours, les connaissances et les compétences nécessaires pour prendre soin du sol et améliorer la croissance des plantes ont fait progresser le développement de la société humaine. Ainsi, depuis les sociétés purement chasseurs-cueilleurs jusqu’à aujourd’hui, l’innovation technologique n’a cessé d’être le moteur de l’agriculture. Désormais, les nouvelles technologies abordent le défi de la transition vers une agriculture intelligente face au climat afin de permettre aux systèmes agricoles d’être transformés et réorientés, et de soutenir la sécurité alimentaire dans les nouvelles réalités du changement climatique. Éclairages avec Mutualia.

Quelles sont les innovations susceptibles d’apporter des réponses au changement climatique ?

L’agriculture climato-intelligente est définie comme des pratiques agricoles qui augmentent durablement la productivité et la résilience tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES). Les GES dépendent principalement des types de sources d’énergie et de technologies utilisées pour fournir des produits ou services. Ainsi, les innovations technologiques en agriculture peuvent aider à réduire les émissions de GES de diverses manières :

  • Des technologies nouvelles ou améliorées peuvent permettre à des véhicules, des machines et des appareils d’utiliser l’énergie plus efficacement, réduisant ainsi leur consommation d’énergie et leurs émissions de GES.

Exemple :

Utiliser des véhicules, des drones et des robots autonomes électriques, peu énergivores laissant une faible empreinte carbone tout en étant plus respectueux des sols.

  • Les nouvelles technologies peuvent créer ou utiliser des vecteurs énergétiques et des produits chimiques alternatifs qui émettent moins de GES, comme les sources d’énergies renouvelables ou les nouveaux engrais à faible teneur en azote.

Exemple :

L’Américain Sundrop Farms a mis au point une technologie permettant de capter la lumière solaire pour produire l’énergie nécessaire au dessalement de l’eau de mer et alimenter des serres hydroponiques.

  • Les nouvelles technologies peuvent créer des moyens alternatifs de fournir des produits et des services en utilisant des produits ou des matériaux de substitution qui émettent moins de GES.

Exemple :

Utiliser un éclairage LED spécialisé qui optimise la photosynthèse dans les serres hydroponiques, ou bien pour éclairer les étables et d’autres structures.

Il convient également de combiner ces nouvelles technologies à de nouvelles approches d’agriculture afin de s’adapter aux réalités du changement climatique tout en augmentant efficacement productivité et résilience et réduire l’impact sur l’environnement telles que, par exemple, l’agroforesterie, les cultures hydro- et aquaponiques, ou encore l’agriculture de précision.

Focus sur l’agriculture de précision

L’agriculture de précision vise à rendre la pratique de l’agriculture plus précise et contrôlée en matière de culture et d’élevage. Un élément clé de cette approche de gestion agricole optimisée est l’utilisation des technologies de l’information et d’un large éventail d’outils tels que le guidage GPS, systèmes de contrôles, capteurs, robotique, drones, véhicules autonomes et bien plus encore.

Les technologies de l’information pour une agriculture plus précise

  • VRT (technologie à taux variable) : la VRT fait référence à toute technologie capable de contrôler la quantité d’intrants appliquée à un endroit spécifique.
  • Échantillonnage GPS : le test du sol d’un champ révèle les nutriments disponibles, le niveau de pH et une variété d’autres données qui sont importantes pour prendre des décisions éclairées et rentables pour optimiser l’ensemencement et les engrais.
  • Technologie de détection : outil inestimable pour surveiller et gérer des terres, l’eau et d’autres ressources. Elle peut aider à tout déterminer, des facteurs qui peuvent stresser une culture à un moment précis à l’estimation de la quantité d’humidité dans le sol.
  • L’autoguidage par satellite (RTK) : permet de corriger le signal envoyé à un tracteur autoguidé ou un robot autonome et d’améliorer sa précision jusqu’au centimètre, afin de limiter les manques et les recouvrements de traitement ou de fertilisation.

Agriculture de précision : quelques exemples d’outils et de mises en œuvre

Les drones

Le drone est certainement l’une des innovations les plus utiles dans l’agriculture. Il permet aux agriculteurs d’adopter des stratégies de fertilisation précises via un logiciel de planification de vol avec évaluation des conditions des cultures, réduisant ainsi la dépendance aux engrais et augmentant les rendements.

Les drones sont d’excellents outils multifonctionnels favorisant une agriculture de précision. Embarquant plusieurs capteurs selon les mesures à effectuer (estimation de biomasse, taux de chlorophylle, stress hydrique, imagerie…), les drones permettent de nombreuses applications, comme par exemple :

  • L’optimisation de l’apport d’intrants
  • La détection des dégâts de gibier
  • La détection précoce des maladies
  • La détection des adventices
  • L’épandage précis de biocides

 

L’agriculture robotisée

Le Français Naïo Technologies a développé toute une gamme de robots autonomes agricoles, viticoles et des outils électriques destinés à aider les agriculteurs à désherber, biner et à récolter. À la clé, moins de pénibilité, gain de temps, respects des sols et meilleure rentabilité. Ainsi, le robot Oz permet de désherber mécaniquement les cultures maraîchères de moins de 10 hectares, tandis que Dino est un robot enjambeur de désherbage destiné aux plus grandes exploitations. Ted est quant à lui un robot enjambeur spécialement dédié aux cultures viticoles. Tous intègrent la technologie RTK.


Le projet européen RHEA a mis en place une flotte de tracteurs autonomes et de drones équipés de capteurs pour distinguer les mauvaises herbes des cultures et appliquer des herbicides si nécessaire. Cette combinaison permet d’économiser jusqu’à 75 % de l’herbicide, tout en tuant 90 % des mauvaises herbes sur une parcelle.


La startup Bosch Deepfield Robotics a quant à elle conçu des robots qui parcourent les rangées de plantes, les détectent puis envoient les données aux agriculteurs pour les aider à optimiser la sélection des semences. Au besoin, le robot peut enfoncer les mauvaises herbes dans le sol.

Applications pour smartphone

En collaboration avec la MSA, la Chambre d’agriculture du Gard a conçu une application de désherbage localisé en viticulture et arboriculture pour smartphone et tablette. Desherb-Top permet ainsi à l’agriculteur d’améliorer les désherbages sur l’ensemble de ses parcelles : calcul des doses hectare recommandées, conseils, évaluation des risques, prévision du nombre de cuves, choix des buses, pression et débit, etc.


Epand’App est une application d’aide aux réglages des épandeurs de fumier et de tonnes à lisier afin d’appliquer la dose appropriée, lorsque l’agriculteur ne dispose pas de machines d’épandage dotées d’automatismes. Cette application a été développée par les Chambres d’agriculture de Bretagne.