La santé oculaire des Français se dégrade

KRYS GROUP publie la 2e édition de l’Observatoire de la Vue créé en 2011. Cette étude, réalisée par Ipsos, a été réalisée en France auprès du grand public et des ophtalmologistes, et en Allemagne et en Grande-Bretagne auprès du grand public.

Risque de déclin en matière de santé oculaire des Français

Les ophtalmologistes sont alarmistes sur l’évolution de la santé oculaire des Français. 66 % disent que depuis le début de la crise économique, ils sont confrontés à des patients retardant de plus en plus le moment de changer de lunettes. Ils estiment en moyenne à 12 % le nombre de leurs patients qui risquent de rencontrer des problèmes graves en raison d’un suivi insuffisant de leur santé oculaire. La majorité des ophtalmologistes (58 %) considère que la qualité du suivi oculaire des Français va se détériorer dans les années à venir.

Les Français ont besoin d’ophtalmologistes plus disponibles

L’ophtalmologiste est le professionnel de santé le moins fréquemment consulté. 29 % des Français le voient au moins une fois par an, alors que 60 % voient leur dentiste tous les ans.
Parallèlement, il faut noter que les ophtalmologistes constatent une surconsommation de consultations de la part d’une catégorie de population : 94 % des patients qui consultent au moins une fois par an ont moins de 40 ans (contre 36 % pour les 60 ans et plus). Ainsi, 43 % des Français estiment qu’il est difficile d’obtenir un rendez-vous avec un ophtalmologiste. C’est beaucoup plus qu’en Allemagne (20 %) ou en Grande-Bretagne (4 %). Cela peut notamment s’expliquer par le fait que dans ces deux pays, contrairement à la France, il existe une délégation de soin : l’examen de vue peut s’effectuer en magasin.

 La collaboration entre opticiens et ophtalmologistes : solution au désengorgement ?

Renforcer le rôle des opticiens dans la chaîne des soins visuels ? Avec 86 % d’opinions positives, les opticiens bénéficient d’une très bonne image auprès des Français. En Allemagne et en Angleterre, ce chiffre passe respectivement à 96 et 94 %. 80 % des porteurs de lunettes se disent très satisfaits des services des opticiens sur l’ensemble des critères soumis. Seul le prix donne un peu moins satisfaction. Les ophtalmologistes soulignent le rôle important des opticiens dans la chaîne de suivi de santé oculaire des Français (87 % estiment qu’ils jouent un rôle essentiel ou important). Les ophtalmologistes seraient davantage prêts à accepter des prérogatives étendues aux opticiens (par exemple pour déterminer eux-mêmes le besoin de correction de leurs clients et le choix des verres en conséquence) si ces derniers respectaient un certain nombre de conditions (une charte déontologique, une formation spécifique, etc.).

L’optique doit rester un sujet de santé publique

Les problèmes d’accessibilité aux soins perçus par les Français sont tels que le déremboursement par la Sécurité Sociale des lunettes de vue est massivement rejeté par l’opinion ; 91 % des Français trouveraient choquant que la Sécurité Sociale ne rembourse plus du tout les montures et les verres de vue. Pour eux,
même si les niveaux de remboursement sont faibles, les équipements de vue sont un sujet de santé publique majeur dont la Sécurité Sociale ne peut se désengager. Les ophtalmologistes constatent que les patients leur posent davantage de questions sur la manière dont les lunettes ou les lentilles sont remboursées (59 %). Ils sont pessimistes pour les prochaines années.

Réseau de soins : les Français plutôt favorables

Sur le principe, les réseaux de soins sont admis par les Français porteurs de lunettes à 59 %. Pour autant, ils restent attachés à la liberté de choisir leur opticien. De fait aujourd’hui, seuls 14 % des porteurs de lunettes les ont achetées chez un opticien agréé par leur mutuelle.

Acheter sur Internet ?

Les consommateurs restent frileux. Pour l’heure elle reste un phénomène marginal. 1 % seulement des porteurs de lunettes les ont achetées par Internet. L’achat de lentilles de vue (20 %) ou de lunettes de soleil (10 %) sur la toile est plus courant, bien que toujours très minoritaire. Les consommateurs ont besoin d’être rassurés pour acheter leur paire de lunettes par Internet. En France, comme en Allemagne et en Grande-Bretagne, une large majorité d’entre eux estime que cette pratique présente des risques. Les consommateurs redoutent particulièrement que l’on ne parvienne pas après coup à faire modifier des imperfections sur les verres (89 %), que les mesures des écarts pupillaires réalisées par eux ne soient pas fiables (88 %) ou que la taille de la monture ne soit pas adaptée à leur visage (88 %).

Made in France ?

Les Français aiment le " Made in france". 89 % des personnes interrogées dans l’hexagone seront davantage sensibles à l’origine de leur monture pour leur prochain achat, une proportion qui monte à 92 % pour les verres de vue. Les Français se distinguent des Allemands et des Britanniques par leur plus grande sensibilité à l’origine de leurs lunettes.