Le cancer de la prostate est le deuxième cancer le plus répandu dans le monde chez l’homme. En France, il est au premier rang des cancers en termes d’incidence avec plus de 50 000 nouveaux cas chaque année. Si la plupart restent bénins, d’autres peuvent être agressifs. Tour d’horizon des symptômes, causes, facteurs de risque et complications du cancer de la prostate, ainsi que ses options de prévention, avec les experts santé Mutualia.

Le cancer de la prostate

Il s’agit d’un cancer qui survient dans la prostate, une petite glande sexuelle masculine en forme de noix produisant le liquide séminal qui nourrit et transporte les spermatozoïdes.

Le cancer de la prostate est l’un des types de cancer les plus courants, avec 50 000 nouveaux diagnostiqués chaque année en France. Il représente environ 25% des cancers masculins, ce qui le positionne au premier rang des cancers chez l’homme devant le cancer du poumon et du côlon. Il survient généralement après 50 ans. Souvent de très bon diagnostic, le taux de survie à 5 ans est de 90%.

La plupart des cancers de la prostate se développent lentement et sont confinés à la prostate. Ils ne causent pas de dommages sérieux et ne nécessitent qu’un traitement minime, voire aucun. Cependant, certaines formes sont agressives et peuvent se propager rapidement.

Un cancer de la prostate qui est détecté suffisamment tôt - lorsqu’il est toujours confiné à la prostate - offre de meilleures chances de succès au traitement

Les symptômes du cancer de la prostate

Le cancer de la prostate peut ne présenter aucun signe ou symptôme à ses débuts. À un stade plus évolué, il peut se manifester de différentes façons :

  • besoins urgents et/ou fréquents d’uriner ;
  • difficultés à uriner ;
  • diminution de la force du jet d’urine ;
  • sensation de brûlure ou de douleur en urinant ;
  • sensation de ne pas avoir complètement vidé la vessie après avoir uriné ;
  • sang dans les urines ;
  • sang dans le sperme ;
  • éjaculations difficiles ;
  • perte de poids non désirée ;
  • douleurs osseuses au niveau du dos, du bassin et des jambes ;
  • dysérection (dysfonctionnement érectile).

Si vous présentez de façon persistante l’un de ces symptômes, ou plusieurs, prenez rendez-vous chez votre médecin afin de procéder à un premier bilan clinique.

Les causes du cancer de la prostate

La communauté scientifique ignore ce qui cause ce type de cancer. Les médecins savent toutefois qu’il débute lorsque les cellules de la prostate développent des changements dans leur ADN. L’ADN d’une cellule contient les instructions qui lui indiquent comment se comporter. Lorsque des modifications s’opèrent, les cellules croissent et se développent plus rapidement que les cellules normales. Les cellules anormales continuent à vivre, tandis que les cellules normales meurent.

Les cellules anormales qui s’accumulent forment une tumeur. Celle-ci peut se développer et envahir les tissus voisins. Avec le temps, certaines cellules anormales peuvent se détacher et se propager (métastase) à d’autres parties du corps.

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Les facteurs de risque du cancer de la prostate

Si les origines de ce type de cancer restent encore méconnues, certains facteurs de risque ont été identifiés.

L’âge

L’âge est le facteur de risque prédominant du cancer de la prostate. Il apparaît généralement après 50 ans, avec 95% des cas survenant entre 57 et 88 ans. L’âge moyen observé est de 73 ans. Après 80 ans, ce type de cancer en particulièrement fréquent. Les taux d’incidence sont les suivants :

  • 1 à 7% entre 50 et 64 ans ;
  • 14 à 26% entre 65 et 74 ans ;
  • 40% entre 75 et 79 ans ;
  • jusqu’à 50% à partir de 80 ans.

L’origine ethnique

Pour des raisons encore indéterminées, le cancer de la prostate est anormalement fréquent chez les populations noires comparativement aux populations caucasiennes et asiatiques. Dans cette ethnie, ce type de cancer est également susceptible d’être agressif ou avancé lors de son diagnostic.

Les antécédents familiaux

La prédisposition génétique est un facteur aggravant. En effet, si l’un de vos parents a reçu un diagnostic de cancer de la prostate, votre risque peut être accru. Par ailleurs, il semblerait qu’il existe un lien entre cancer du sein et cancer de la prostate. En conséquence, si dans votre famille il existe des antécédents familiaux très importants de cancer du sein, votre risque de cancer de la prostate peut être plus élevé.

L’obésité

Les personnes obèses présentent un risque plus élevé de cancer de la prostate. Par ailleurs, il est susceptible d’être plus agressif, avec un taux de mortalité nettement plus important de 20 à 34%. Il est également plus susceptible de réapparaître après le traitement initial. À ce jour, la science n’a pas découvert le mécanisme derrière cette relation.

L’alimentation

Dans les populations d’Extrême-Orient, au Japon notamment, la survenue du cancer de la prostate était jusqu’à récemment assez rare. Mais son incidence a augmenté récemment avec l’occidentalisation de leur nourriture, mettant également en lumière l’effet protecteur de leur gastronomie traditionnelle.

Cela suggère que l’alimentation occidentale joue un rôle important dans la survenue de ce type de cancer. De nombreuses études se sont attachées à identifier les aliments et nutriments susceptibles d’avoir un impact sur le cancer de la prostate. Certaines ont démontré des liens avec notamment :

  • les graisses, qui pourraient entraîner une inflammation, induire un stress oxydatif et des modifications cellulaires ;
  • les produits laitiers à forte teneur en matière grasse ;
  • un apport trop important en calcium ;
  • un déficit de vitamine D ;
  • la trop grande consommation d’alcool.

Complications et effets secondaires du cancer de la prostate

Les complications du cancer de la prostate et de ses traitements comprennent :

  • La métastase : le cancer de la prostate peut s’étendre aux organes avoisinants, tels que la vessie. Il peut également se déplacer par voie sanguine ou lymphatique jusqu’aux os ou d’autres organes. Le cancer de la prostate qui se propage aux os peut causer des douleurs et des fractures. Une fois que le cancer de la prostate s’est propagé à d’autres parties du corps, il peut encore répondre au traitement et être contrôlé, mais il est peu probable qu’il soit guéri.
  • L’incontinence : le cancer de la prostate et son traitement peuvent tous deux provoquer une incontinence urinaire. Le traitement de l’incontinence dépend du type que vous présentez, de sa gravité et de la probabilité qu’elle s’améliore avec le temps. Les options de traitement peuvent inclure des médicaments, des cathéters et une intervention chirurgicale.
  • La dysérection : la dysfonction érectile peut résulter du cancer de la prostate ou de son traitement, y compris la chirurgie, la radiothérapie ou les traitements hormonaux. Des médicaments, des appareils à vide qui aident à obtenir une érection et une intervention chirurgicale sont des options pour traiter la dysfonction érectile.
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Comment prévenir le cancer de la prostate ?

Il n’existe pas de règles établies pour prévenir le cancer de la prostate. Toutefois, à la lumière de certains facteurs de risques, vous pouvez agir au quotidien pour limiter les risques de survenue.

Adoptez un mode de vie sain

  • Optez pour une alimentation saine riche en fruits et légumes : Consommez une variété de fruits, de légumes et de grains entiers. Les fruits et légumes contiennent de nombreuses vitamines et nutriments qui peuvent contribuer à vous maintenir en pleine santé. Bien que prévenir le cancer de la prostate par le biais d’une bonne alimentation n’a pas encore été prouvé de manière concluante, ce type d’alimentation ne peut qu’améliorer votre santé globale, tout en éloignant l’obésité, facteur de risque du cancer de la prostate.
  • Évitez les suppléments : Aucune étude n’a démontré que la supplémentation joue un rôle dans la réduction du risque de cancer de la prostate. Préférez ainsi les aliments riches en vitamines et en minéraux afin de maintenir naturellement des niveaux sains dans votre organisme.
  • Faites de l’exercice aussi souvent que possible : L’exercice améliore votre santé globale, vous aide à maintenir un poids santé et améliore votre humeur. Essayez de faire de l’exercice chaque jour de la semaine. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) recommande 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine. Si vous débutez, commencez lentement et augmentez peu à peu votre temps d’exercice quotidien.
  • Maintenez un poids santé : Si votre poids actuel est parfait, essayez de le maintenir en optant pour une alimentation saine et en faisant de l’exercice presque tous les jours. Si vous avez besoin de perdre du poids, faites davantage d’exercice et réduisez le nombre de calories quotidiennes que vous consommez. Demandez à votre médecin de vous aider à créer un programme pour une perte de poids saine.

Dialoguez avec votre médecin

Si vous présentez un risque élevé de cancer de la prostate (prédisposition génétique, antécédents familiaux), vous et votre médecin pouvez envisager des médicaments ou d’autres traitements pour réduire ce risque. Certaines études suggèrent que la prise d’inhibiteurs de la 5-alpha réductase, notamment Dutastéride et Finastéride, abaissent le risque global du cancer de la prostate.