Le contrôle de la vue à tous les âges devrait être régulier et débuter dès la petite enfance. Des tests visuels durant la première année de vie sont essentiels pour dépister précocement des anomalies.

Elles peuvent souvent être facilement corrigées lorsque le cerveau en développement est encore malléable. Plus tardivement, la prise en charge est aléatoire, avec des risques de malvoyance.

Les rendez-vous obligatoires de dépistage visuel

  • Dès l’âge de 8 jours, l’enfant bénéficie d’une visite médicale, mais c’est lors que l’examen obligatoire du 9ème mois que le médecin vérifie que cet enfant peut suivre un objet du regard, qu’il réagit à la lumière et ne souffre pas de strabisme.
  • A deux ans environ, avant l’entrée en maternelle, le médecin teste à nouveau la vue de l’enfant. Ce test consiste à lui demander de décrire des images en les lui montrant de près ou de loin. Si l’enfant a un peu de mal à s’exprimer (il est très jeune !), le médecin lui demande de choisir une deuxième image identique.
  • Entre 3 et 6 ans, la Protection maternelle et infantile (PMI) et la Santé scolaire organisent des dépistages de vue en milieu scolaire. Ils consistent à évaluer le champ visuel (un enfant doit voir autour de lui à 180°), à détecter les éventuels strabisme (il louche) ou amblyopie (défaut de vision d’un œil dû au fait que l’autre œil est le seul à travailler).

Quand contrôler la vision de l'enfant ?

L'apprentissage de la vision se fait entre 0 et 18 mois. C'est durant cette période, lorsque le cerveau est plastique, que l'on peut efficacement réorganiser les liaisons des neurones si une anomalie est détectée. C'est donc avant l'âge de un an (visite du 9ème mois) qu'il faut faire contrôler la vision des tout-petits, et le cas échéant, entreprendre une correction adaptée. Ce dépistage précoce permettrait d'éviter chaque année à plus de 40.000 enfants de devenir malvoyants. Dépistés et corrigés très tôt, les défauts visuels peuvent être très rapidement traités. Inversement, plus la détection est tardive, plus la vision normale sera difficile, voire impossible à retrouver.

Les contrôles prévus à 9 mois, 2 ans et entre 3 et 6 ans ne sont pas forcément suffisants. Il est conseillé de consulter un médecin ophtalmologiste au moindre doute. Et notamment, à l'âge de la lecture, des défauts jusque-là passés inaperçus peuvent se révéler. Il n'est alors pas trop tard pour les corriger.

L'amblyopie fonctionnelle, un mauvais fonctionnement de l'œil

Entre 0 et 6 ans, 180.000 enfants présentent une amblyopie fonctionnelle. Leur acuité visuelle est très faible et les images parvenant au cerveau sont de mauvaise qualité. Face à de telles difficultés, l'enfant n'apprend pas à voir. Dans la moitié des cas, l'amblyopie est due à un strabisme, parfois si léger qu'il est inapparent. Mais inversement, l'amblyopie peut être responsable d'un strabisme. Quelle qu'en soit l'origine, il faut détecter très précocement ce défaut visuel. Traités avant l'âge de deux ans, les enfants récupèrent une vision normale car le cerveau est plastique. Entre deux et six ans, la vision n'est récupérée qu'à 50% car une zone du cerveau visuel qui n’a pas travaillé pendant un moment ne peut plus récupérer entièrement ses capacités originelles. Au-delà, à l'âge de l'apprentissage de la lecture, la récupération est donc plus aléatoire, plus lente et contraignante.

A savoir : Le strabisme ou l’amblyopie doit être traité en urgence, le plus tôt possible et absolument avant 6 ans. Sinon, l’enfant risque de perdre la vision d’un œil.

 

Afin de dépister l'amblyopie unilatérale d'un bébé, l'Association nationale pour l'amélioration de la vue (ASNAV) propose aux parents de réaliser deux tests simples :

1 - Le test du pirate : Cacher tour à tour, pendant 5 minutes, les yeux de l'enfant à l'aide d'un foulard roulé en bandeau.

Il faut réaliser ce test à plusieurs reprises.
Si l'enfant arrache systématiquement le bandeau d'un côté comme de l'autre, ne pas insister. Recommencer plus tard.
S'il tolère le bandeau sur l'un des yeux alors qu'il le refuse sur l'autre, c'est simplement parce que seul cet œil lui permet de voir et que l'autre est déficient. Il faut alors consulter rapidement un médecin ophtalmologue.

2 - Le test « regarde-moi dans les yeux »

Dire à l’enfant : « regardes-moi dans les yeux » et le prendre en photo de face au flash.
Observer ensuite les reflets du flash dans la pupille. Des reflets asymétriques peuvent être liés à un strabisme (même très léger que l’on ne verrait pas dans la vie de tous les jours).
Dans ce cas, il faut consulter un médecin ophtalmologue.
 

Quels signaux d'alerte ou circonstances doivent faire consulter un médecin ophtalmologue ?

Chez les tout-petits

  • Il existe des antécédents familiaux de strabisme ou d’amblyopie,
  • L’enfant est né prématurément (moins de 32 semaines de grossesse)
  • Il avait un petit poids de naissance inférieur à 2,100 kg.
  • Un au moins des parents a porté des lunettes avant l’âge de 10 ans.
  • Il a un comportement visuel anormal.
  • Il refuse de dessiner, se désintéresse des puzzles ou d'autres activités visuelles.
  • Il est maladroit, se cogne partout.
  • Ses parents présentent un défaut visuel important (forte myopie ou forte hypermétropie ou fort astigmatisme)
     

Chez les enfants et les adolescents

  • Il cligne fréquemment des yeux, fronce les sourcils.
  • Il est gêné par la lumière
  • Ses yeux sont rouges, piquent ou pleurent.
  • Il se plaint de maux de tête ou douleur dans la nuque (signes d’hypermétropie éventuelle)
  • Il dessine, écrit ou lit le nez collé au cahier,  (signes éventuels de myopie) perd sa ligne en lisant et la relit deux fois.

  • Il n’écrit pas sur les lignes, confond des lettres qui se ressemblent (O et C, B et S) ou il écrit de travers (signes éventuels d’astigmatisme)

Faire un test de dépistage de l'amblyopie

  • Une lueur blanche apparaît dans sa pupille.
  • Il existe des cas de strabisme dans la famille.

 

Source :
Bébés et enfants de 0 à 10 ans, votre vue, un bien précieux.
Association nationale pour l'amélioration de la vue (ASNAV), consulté en juin 2016.

Par Dr Catherine Solano le 05 Juillet 2016