Agriculture urbaine : mode d’emploi

Agriculture urbaine : mode d’emploi

L’agriculture urbaine est en voie de professionnalisation en raison des nombreux avantages qu’elle présente. Toutefois, avant de se lancer dans un projet d’installation, il convient d’être informé sur les possibilités et difficultés techniques, les formations, les statuts, les aides, les techniques de cultures et les produits qu’il est possible de cultiver en ville, mais également sur la commercialisation de ceux-ci. Le point avec Mutualia.

Comment installer mon activité d’agriculture urbaine ?

Tous les agriculteurs urbains exercent une activité agricole au regard de l’Art. L.311-1 du Code rural et de la pêche maritime. Ainsi, un entrepreneur qui souhaite débuter une activité d’agriculture urbaine doit d’abord déclarer cette dernière au Centre de Formalités des Entreprises (CFE) et choisir le statut de l’entreprise : EIRL ou en forme sociétaire (SCEA, GFA, GAEC…). Une fois le dossier constitué, il est transmis à la MSA pour l’affiliation de l’entrepreneur. Il conviendra également de souscrire des contrats de prévoyance et santé agriculteur.


Plus d’infos sur le site de la MSA : http://www.msa.fr/lfr/web/msa/statut-juridique-activite-agricole


Le dossier d’installation est la plupart du temps accompagné d’une demande d’aides. Selon la réglementation actuelle, les aides pour l’agriculture urbaine sont identiques à celles pour l’installation d’une exploitation agricole. Il est donc possible d’obtenir des aides de l’État (dotations jeunes agriculteurs, prêts bonifiés), auxquels peuvent s’ajouter des aides de collectivités dans le cadre d’appels d’offres. Les projets retenus permettent souvent la mise à disposition par la collectivité d’un site.

Il existe d’autres voies de financement, par le biais notamment d’incubateurs et pépinières d’entreprises, de Coopératives d’activité et d’emploi (CAE), de SCOT (Sociétés coopératives de travailleurs), etc. Il appartient toutefois au futur agriculteur urbain de se tenir informé sur les appels d’offres qui le concernent dans sa région et des aides possibles.

Quelles pistes :

http://agriculture.gouv.fr/Aides-a-l-installation,1251
http://www.agriculture-npdc.fr/installation/aides-nationales-installation.html
http://www.apce.com/pid648/cooperatives-activites.html

Quel type d’installation d’agriculture urbaine choisir (technique de culture) ?

1/ La localisation

La localisation de votre projet revêt une grande importance et conditionnera une partie de votre succès. Toutefois, avec un tissu urbain souvent très dense, combiné aux pressions foncières, il peut être difficile de trouver un site approprié. Il est néanmoins possible de s’adresser aux entreprises privées qui pourraient posséder des toits terrasses ou des friches industrielles, aux bailleurs sociaux, aux collectivités qui pourraient fournir des terrains adaptés, et bien sûr aux particuliers propriétaires.

2/ Le type d’installation

Le type d’installation dépend à la fois de la localisation de l’activité, mais aussi de sa nature et de son intensité. On retiendra trois types de techniques pour l’agriculture urbaine :

  • Cultures en hydroponie : ce sont toutes les cultures hors sol, majoritairement sous serres. Ces cultures peuvent être en bacs ou en sacs et sont pratiquées sur les toits.
  • Cultures en aquaponie : les cultures en aquaponie combinent les productions piscicoles et hydroponiques, en valorisant les effluents d’élevage de poissons comme la truite pour apporter une solution nutritive aux cultures végétales, souvent des plantes aromatiques et des légumes feuilles.
  • Cultures en pleine terre : elles représentent la solution la plus facile à mettre en place, mais se confrontent à la problématique de l’espace urbain. En effet, il peut être difficile de trouver des parcelles disponibles, en dehors des zones industrielles délaissées ou en friche, dont leur sol est souvent pollué en profondeur.

Agriculture urbaine : quels produits cultiver ?

L’agriculture urbaine est essentiellement maraîchère et horticole, avec quelques pratiques d’élevage. Le choix des espèces et variétés est donc particulièrement importante. Mais ce choix sera principalement dicté par le site d’exploitation (en particulier sur les toits avec des problèmes liés à la portance, la gestion des intrants, la sécurité des personnes et à l’accessibilité de la main d’œuvre), la technique de culture choisie, les rendements possibles et le marché (les débouchés).

Le marché conditionne réellement le choix des espèces à cultiver. En effet, si personne n’achète vos produits, votre entreprise n’est pas viable. N'oubliez pas que l’agriculture urbaine se destine à la ville et doit par conséquent s’adapter aux besoins de celle-ci, en tenant compte des habitudes alimentaires afin de trouver des débouchés immédiats.

Au bout du compte, les principaux produits en agriculture urbaine sont les légumes fruits, les légumes feuilles, les petits fruits, les herbes aromatiques, les légumineuses potagères et les bulbes. Toutefois, en fonction du site, il est également possible d’envisager des arbres fruitiers et de l’élevage de type apiculture et aviculture.

Comment commercialiser mes produits d’agriculture urbaine ?

En tant qu’agriculteur urbain, vous disposez de plusieurs modes de commercialisation de vos produits, mais le circuit court est toujours à privilégier.

  • La vente directe : soumise à une règlementation particulière qui fait d’elle une activité agricole civile, elle ne nécessite toutefois pas une inscription au RCS. Les bénéfices retirés de ce type de vente est agricole et la protection sociale du vendeur est régie par la MSA. Plus d’infos : https://www.msa.fr/lfy/exploitant/l-agriculture-urbaine-et-les-nouveaux-modes-de-production-agricole
  • Le contrat direct : un contrat avec débouché direct est mis en place entre l’agriculteur urbain et des structures demandeuses, telles que des cantines ou des restaurants d’entreprises si le rendement et la production de permettent, ou bien directement avec des restaurateurs, le débouché en restaurant étant la solution la plus couramment envisagée par les agriculteurs urbains.
  • Les AMAP (associations pour le maintien de l’agriculture paysanne) : ces associations permettent de mettre en relation l’agriculteur à un groupe de consommateurs afin qu’il puisse signer directement des contrats avec chaque client. Avec ce mode de vente, l’agriculteur s’engage à fournir une production globale annuelle ou semestrielle pour un montant défini à la signature. Plus d’infos : http://www.reseau-amap.org/

Où et comment puis-je me former en agriculture urbaine ?

http://montoliu.mutualia.dns/http://La pratique de l’agriculture urbaine est nouvelle et encore mal définie. En ce sens, il existe peu de cursus spécifiques sanctionnés par un diplôme. Toutefois, les initiatives se multiplient. Ainsi, il est possible d’opter pour des formations longues, souvent du type spécialisation (Master M1 ou M2, licence pro…, proposés par AgriTechParis par exemple). D’autres sont destinées aux demandeurs d’emploi, aux salariés d’entreprise en congé individuel de formation et aux professionnels disposant d’un bagage minimum (CAP ou BPA).

Il est également possible de choisir des formations courtes et des ateliers proposés sur des durées allant de 1 et 10 jours selon les modules. Ces mini-formations en agriculture urbaine couvrent différentes thématiques, telles que la culture hors sol, l’hydroponie, la bioponie, les pairies urbaines, la création de pépinières de quartiers, etc.

Vous pouvez trouver une liste de formations longues et courtes sur le site de l’AFAUP (Association Française d’Agriculture Urbaine Professionnelle).