Plan Cancer 2009-2013 : un bilan en demi-teinte

La Direction générale de la santé (DGS) qui a présidé le Comité interministériel de pilotage du Plan cancer 2009-2013, publie, avec l’appui de l’Institut national du cancer, un rapport final sur le bilan du Plan cancer 2009-2013.

La Direction générale de la santé dresse un bilan en demi-teinte du Plan cancer 2009-2012. Ce dernier avait pour ambition d'accélérer « les avancées de la recherche et leur transfert au bénéfice de tous les malades, concevoir des parcours pendant et après le cancer, personnalisés et coordonnés, afin d’assurer une prise en charge de qualité pour tous et mieux prendre en compte les inégalités de santé face au cancer afin de les réduire ». 60 % de ces actions ont été mises en oeuvre et les autres mesures vont se poursuivre d'ici fin 2013.

Le rapport note que le dernier « Plan Cancer a œuvré au renforcement de la qualité et de la sécurité des soins sur l’ensemble du territoire. Des organisations ont été adaptées pour la prise en charge des enfants atteints de cancer, des patients âgés ainsi que des personnes atteintes de cancers rares », structurées autour de centres experts (pour 23 types de cancers rares). L’accès à la médecine personnalisée et la participation aux essais cliniques ont également progressé. "De plus en plus de malades bénéficient de thérapies ciblées accessibles quel que soit le lieu de prise en charge. Le Plan s’est aussi engagé dans des voies nouvelles pour soutenir les innovations thérapeutiques, et faire progresser la recherche, notamment dans le domaine de la génomique des cancers », observe la Direction générale de la santé (DGS).

Le rapport souligne qu'un effort particulier a été accompli pour permettre aux centres de radiothérapie de répondre aux exigences de sécurité et de qualité en termes d’équipements et d’effectifs (le nombre de radiophysiciens a progressé de 40 %). Les équipements d’imagerie pour le diagnostic et la surveillance des cancers ont été développés (33 appareils d’IRM supplémentaires installés en 2010 pour une cible de 88 en 2013), les effectifs médicaux en formation ont progressé, avec une augmentation de 26 % entre 2008 et 2012 du nombre d’internes en oncologie-radiothérapie et de 48 % en anatomopathologie, lesquels devraient s’accompagner d’un accroissement des postes hospitalo-universitaires dans les disciplines liées au cancer. Bémol : les délais de rendez-vous sont encore trop élevés et présentent des disparités entre régions, non corrélées à la densité régionale en IRM.



Le tabac, un fléau

Autre point noir : « la consommation tabagique n’a pas reculé, en dépit des mesures prises pour lutter contre le tabac ».« Le tabac constitue la première cause de décès liés au cancer en France », ajoute le rapport, soulignant que « 25 % des décès par cancer lui sont imputables ». Et de déplorer que la consommation de tabac, qui « contribue aux inégalités », ait progressé chez les femmes et parmi les chômeurs.

De même, malgré les actions mises en œuvre, la participation aux programmes de dépistage organisé ne progresse pas tant pour le cancer du sein (taux de participation national de 52,7 % en 2012, pour une cible de 65 % fixée par le Plan) que pour le cancer colorectal (31,7 % en 2012 pour une cible de 60 %).« Les stratégies d’actions et les moyens seront à reconsidérer pour réduire les cancers évitables », font remarquer les auteurs de la DGS.

Le rapport insiste également sur la nécessité d' « agir plus efficacement » pour réduire les inégalités face aux cancers, objectif que le Président de la République a déjà fixé au 3e Plan cancer, pour 2014-2018.
Le bilan du Plan cancer 2009-2013 sera complété par une évaluation du Haut conseil santé publique (HCSP) en 2014 et permettra ainsi d’alimenter la réflexion sur le troisième Plan cancer. Son élaboration, placée sous l’égide du ministères des Affaires sociales et de la Santé et de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, est actuellement en cours. Ce futur plan sera également nourri des recommandations du Pr Jean-Paul Vernant, hématologue à la Pitié-Salpêtrière, à Paris, dont le rapport sera remis aux deux ministres le 30 août.