9% des français ont déjà acheté un médicament sur internet

En novembre dernier, un pharmacien de Caen inaugurait la première pharmacie en ligne de France, relançant la polémique sur la vente de médicaments sur internet.

Un sondage IFOP, réalisé à la demande de l’Ircam (Institut de recherche Anti-Contrefaçon de Médicaments) et de l’Union des fabricants (Unifab), indique que seulement 3% des Français déclarent avoir déjà acheté un médicament, habituellement délivré sur ordonnance, via la toile. Néanmoins, 17% se sentent prêts à le faire. En revanche, ils sont nettement plus nombreux à avoir déjà craqué pour la e.pharmacie pour des médicaments qui ne nécessitent pas de prescription : 9% en ont déjà acheté et 26% sont disposés à le faire.
Le prix est le premier motif d’achat sur le net pour 50% des interviewés, la non obligation d’aller chez le médecin est le deuxième (38%). La livraison à domicile ou la queue à la pharmacie n’arrivent qu’au second plan.

Illégal mais faisable

Actuellement, il n’existe pas de réglementation précise en France sur la vente de médicaments en ligne mais une multitude de textes, « rendant ce type de vente à priori impossible », pointent l’Ircam et l’Unifab. Pour autant, 23% des Français pensent que c’est légal. Parmi les 3% qui en achètent déjà, 54% n’estiment pas avoir enfreint la loi. Pas étonnant dans ces conditions que 61% des Français se déclarent mal ou très mal informés et que, en cas de légalisation, plus de la moitié réclament des garanties officielles de la part de l’État via des logos ou certifications sur les sites, et de la part des médecins via des recommandations et, notamment, l’obligation de présenter une ordonnance pour commander.
En 2011, plus de 27 millions de faux médicaments ont été interceptés par les douanes dans l’Union Européenne, soit 25% des marchandises de contrefaçon bloquée aux frontières et 36% des envois postaux analysés. Dans le monde, entre le 25 septembre et le 2 octobre 2012, 3,75 millions de médicaments illicites -dont 427 000 en France- ont été débusqués et 18 000 sites internet -dont 236 chez nous- ont été fermés.