L'économie sociale et solidaire, bientôt sur les bancs de l'école

C'est une victoire pour les acteurs de l'Économie sociale qui la réclamait depuis longtemps, Benoit Hamon, ministre de l'Économie sociale et solidaire, et Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, ont signé jeudi 13 juin une convention pour promouvoir l'Economie sociale et solidaire (ESS) à l'école.

Le secteur de l'ESS qui comprend les mutuelles, les associations, les coopératives et les syndicats est caractérisé par la lucrativité limitée, la gouvernance démocratique et la recherche d'utilité sociale. Des « valeurs partagées » par l'Éducation nationale, d'après Vincent Peillon, qu'il espère bien voir diffuser dans les écoles.
Paraphé également par l'association Esper (l'Economie Sociale Partenaire de l'Ecole de la République qui rassemble 40 organisations de l'Ess), cet accord constitue un cadre de coopération pour sensibiliser les élèves à une « autre » économie.

Sensibiliser les élèves à l'Économie sociale...

« L'Economie sociale et solidaire passe par éduquer les jeunes », a affirmé Benoit Hamon.
La convention prévoit "l'organisation de projets citoyens éducatifs » avec par exemple « une semaine de l'ESS » ou encore le « développement de l'accueil en stage en milieu professionnel des élèves ». Enfin, « il est nécessaire que l'ESS soit incluse dans le parcours d'orientation et de formation au monde économique et professionnel » a souligné le ministre de l'Éducation, et ce « dès la 6e » afin, si possible, de susciter des vocations pour un secteur qui représente 10 % du PIB et possède d'intéressantes capacités de résilience à la crise économique.
…Et former le personnel éducatif
L'accord-cadre de coopération prévoit des « actions en direction des personnels éducatifs ». Ceux-ci auront accès à des « formations » au sein de structures de l'ESS. Ils disposeront également d' « outils pédagogiques visant à intégrer l'économie sociale et solidaire dans les enseignements ». La nature de ces formations et diverses actions n'a pas encore été dévoilée.
Une introduction dans les programmes scolaires en suspens
« Il ne s’agit aucunement d’enseigner une nouvelle matière mais plus simplement d’aider concrètement les enseignants à trouver les ressources et outils pédagogiques nécessaires pour mieux appréhender cette partie de l’économie française », a rappelé le Ministre de l'ESS.

A ce titre, la Commission supérieure des programmes devrait faire rentrer ce secteur dans les programmes d'enseignement dès la classe de seconde. Les deux Ministres sont néanmoins restés évasifs quant au possible contenu enseigné car seule la Commission peut décider de l'introduction d'un nouvel enseignement dans les programmes.