Déserts médicaux : Marisol Touraine annonce un "plan de lutte"

Après les négociations sur les dépassements d’honoraires, la lutte contre les déserts médicaux est le second gros chantier auquel Marisol Touraine souhaite s’attaquer.

Le dimanche 18 novembre, lors du Grand rendez-vous Europe 1-aujourd’hui en France - I télé, la Ministre de la santé a annoncé le lancement prochain d’une concertation avec les médecins et les élus locaux. Celle ci devrait déboucher en début d’année à « un plan de lutte global et cohérent contre les déserts médicaux ». Les discussions s’annoncent difficiles car elles toucheront nécessairement à la question de la liberté d’installation à laquelle les médecins français (à l’inverse de leurs confrères européens) sont farouchement attachés. Au mot « contrainte », Marisol Touraine préfèrera probablement le mot incitation ou aide à l’installation des jeunes médecins dans les zones sous dotés. La Ministre devrait également lancer le contrat de « praticien territorial en médecine général ».

Prévu dans le projet de Loi sur le Financement de la Sécurité Sociale, il doit permettre à 200 jeunes médecins d’ouvrir leur cabinet dans les déserts médicaux en échange de revenus garantis pendant deux ans. Marisol Touraine mise sur le fait que ces généralistes pourraient prendre la décision de rester dans ces régions isolées, une fois leur patientèle constituée. A cela, rien n’est moins sûr. Parallèlement, sera débattu jeudi 22 novembre à l’Assemblée, une proposition de loi visant « à garantir un accès aux soins égal sur l’ensemble du territoire » dont l’un des articles prévoit d’imposer aux jeunes médecins d’exercer trois ans en zone sous-médicalisée. L’argument se tient, si l’on estime que, payés durant les études, les étudiants en médecine pourraient, en contrepartie, devoir un certain nombre d’années à la collectivité.

Si cette proposition de loi a peu de chance d’être votée, elle témoigne d’un changement fondamental dans le regard que la société porte sur ses médecins et sur la mission de service public qu’ils devraient être amenés à jouer. Les plus libéraux d’entre eux le savent bien et sont descendus massivement dans la rue, il y a quelques jours, pour manifester leur hostilité à toute forme de contrôle.