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Magazine santé Mutualia Grand Ouest | 1 er semestre 2020 | #9 Professeur en physiologie cardiovasculaire au CHU de Rennes, auteur de Danger sédentarité , chercheur à l’INSERM. Les enfants et les jeunes jusqu’à 17 ans ont besoin d’1 heure d’activité physique par jour et de diminuer le temps qu’ils passent assis. Favorisez les déplacements à pied. Ne vous garez pas devant la grille de l’école, allez faire les courses à pied et en famille… Cadrez et limitez le temps passé devant les écrans Montrez l’exemple et marchez avec votre enfant. Un enfant qui marche sera un adulte qui marchera. DES IDÉES POUR FAIRE BOUGER NOS ENFANTS Le saviez-vous ? L’activité physique agit sur nos neurones ; elle influence leur nombre, leur qualité et leurs connexions ! Elle permet également la sécrétion d’endorphine, de morphine naturelle et de molécules chimiques qui favorisent « l’auto-entretien » de notre organisme. Un argument de choc ! Les études montrent qu’un enfant qui a une activité physique régulière a de meilleurs résultats scolaires… Activité physique : ZÉRO contre-indication Tout le monde peut faire de l’activité physique : aucune pathologie ne la contre-indique, sauf si vous venez de vous casser une jambe ! Il n’y a pas de limite d’âge, au contraire : les bénéfices seront encore plus probants pour les personnes âgées qui ont tout intérêt à pratiquer quotidiennement un peu d’activité physique pour : - améliorer leur endurance cardiaque et leur capacité respiratoire, - entretenir leur état musculaire et osseux, - réduire les risques de dépression, - prévenir la détérioration de la fonction cognitive. Car, le saviez-vous ? L’activité physique participe au renforcement de la mémoire. D’ailleurs, certains neurobiologistes affirment qu’elle est la nourriture du cerveau… Entretien avec le Professeur Carré Entretien François Carré , Entre nous : La sédentarité et l’inactivité, nouvelles donnes de notre société François Carré : Nous avons vis-à-vis de la sédentarité, le même comportement qu’avec la cigarette il y a 50 ans quand tout le monde fumait parce que personne ne savait que c’était dangereux. Aujourd’hui, la grande majorité de la population est inactive physiquement et passe la plupart de son temps assise sans mesurer ce que cela peut représenter pour sa santé. E.N. : Qu’entendez-vous par inactivité et sédentarité ? F.C. : L’inactivité correspond au fait de ne pas respecter les recommandations vis-à-vis de l’activité physique, c’est-à-dire c’est quand on fait moins de 30 minutes* d’activité physique chaque jour. J’insiste sur le « chaque jour » car faire 3 heures de sport le dimanche ne compense pas l’inactivité des autres jours. La sédentarité vient du mot latin sedeo, « être assis » ; elle correspond au temps passé assis. Quand on est assis plus de 6 à 7 h par jour, on prend un risque pour sa santé. * recommandation OMS E.N. : Quels risques prenons-nous à ne pas pratiquer ces 30 minutes d’activité quotidienne ? F.C. : Si on ne respecte pas ces préconisations, nous augmentons de 30% le risque de diabète, de 30 % celui d’accident vasculaire cérébral, de 25% le risque d’infarctus du myocarde, de 30 % le risque d’une hypertension artérielle et de 25% celui de développer un cancer. Au total nous diminuons notre espérance de vie en bonne santé. E.N. : Pourquoi ce changement de mode de vie favorise toutes ces maladies ? F.C. : Nous sommes génétiquement programmés pour bouger. L’inactivité physique et la sédentarité agissent comme des perturbateurs endocriniens et empêchent nos gènes de bien fonctionner. Cette perturbation aboutit à une élévation de nos niveaux d’inflammation et de stress oxydant, sur lesquels se développent l’hypertension artérielle, le diabète, la polyarthrite rhumatoïde, etc. E.N. : Qu’en est-il pour les enfants ? F.C. : Le cas des enfants est particulièrement préoccupant. De 10 à 17 ans, ils devraient faire au moins une heure d’activité physique par jour. Nous ne parlons pas de sport, mais simplement de bouger physiquement une heure chaque jour. Or, dans les pays dits développés, au mieux 5% d’entre eux respectent ces recommandations. Ils passent pourtant en moyenne 3 à 4h par jour devant les écrans. Pour leur santé future, il faut que cela change : nous voyons apparaître chez les adolescents des maladies qui ne touchaient auparavant que les adultes comme le diabète. Mais il ne faut pas reporter toute la responsabilité sur les enfants et les adolescents, c’est à nous adultes et parents de montrer l’exemple.

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