JNM2019

12 • JNM 2019 La réforme d’Agnès Buzyn vise à faciliter le jeu de la concurrence entre les mutuelles, en vue d’améliorer les prestations et les offres commerciales faites aux adhérents. Il s’agit aussi d’instau- rer plus de transparence sur les différentes options qui s’offrent aux assurés, et plus de liberté dans la gestion de leur contrat. LA CONCENTRATION DES ACTEURS S’ACCÉLÈRE Généralisation du tiers-payant, mise en place du reste à charge zéro... Autant d’évolutions qui demandent de gros efforts d’adaptation, et de lourds investissements pour des structures de dimension modeste comme les mutuelles. D’où une tendance au regroupement des acteurs, au risque de perdre la proximité avec les adhérents, qui est l’âme et la grande force des mutuelles. Au risque de paraître iconoclaste, Jean-Louis Mercier relève que plus rien ne différencie désormais une mutuelle d’une entreprise lambda, soumise au jeu concurrentiel, avec en plus un cadre réglementaire exigeant. Ainsi, le règlement européen «Solvabilité II» impose aux structures un niveau de fonds propres élevé pour développer des opérations d’assurance en complémentaire santé et/ou en prévoyance. Un contexte qui encourage la concentration des acteurs. S’agissant de la résiliation infra annuelle, si les objectifs poursuivis sont louables, il ne faut toutefois pas en négliger les effets peu vertueux. Ainsi, la possibilité offerte à l’adhérent de changer de mutuelle à tout moment risque d’engendrer une augmentation des coûts de gestion et, peut-être, des choix opportunistes de garanties, rompant ainsi avec le principe de solidarité. Et comment mettre en œuvre la prévention, qui demande un suivi dans le temps, si le choix de sa mutuelle devient un acte purement consumériste, et le contrat d’assurance santé un produit banalisé ? Jean-Louis MERCIER, ancien Directeur du Développement du Groupe VYV

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