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Longtemps méprisé, l’intestin est désormais un organe star. Depuis la sortie du best-seller "Le charme discret de l’intestin" de Giulia Enders, il s’invite dans les livres, les documentaires et même chez les youtubers. Il faut dire que les scientifiques lui accordent de plus en plus d’importance. En effet, il existe une quantité de neurones dans notre ventre, presque autant que dans le cortex d’un chien ou d’un chat. Ce cerveau entérique joue évidemment un rôle sur la digestion, mais il dépasse largement cette fonction. Le positionnement central du système nerveux entérique, à l’interface avec le milieu extérieur et le milieu intérieur, est au cœur du système de régulation de notre organisme. Les messages nerveux en provenance des intestins permettent donc à la fois de fournir des informations sensorielles au niveau local mais aussi d’informer le cerveau des conditions ambiantes du corps. Ce système nerveux du ventre aurait, par exemple, un impact sur nos émotions : il semblerait que 95 % de la sérotonine, le neurotransmetteur impliqué dans la régulation de notre bonne humeur (et en lien, l’anxiété, la dépression, le stress…), est produite par ce cerveau « du bas », pour communiquer avec celui « du haut ». mutualia.fr # 09 L’INTESTIN NOTRE DEUXIÈME CERVEAU ? LE MICROBIOTE INTESTINAL DES PISTES PROMETTEUSES POUR NOTRE SANTÉ Il pèse entre 1 et 5 kilos et représente une population de micro-organismes 2 à 10 fois plus nombreuse que le nombre de cellules de notre corps : cet ensemble de bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes constitue le microbiote intestinal, aussi appelé flore intestinale. Le microbiote intestinal joue un rôle essentiel dans le fonctionnement de notre organisme et suscite l’in- térêt grandissant des chercheurs : il y aurait des liens directs entre les déséquilibres du microbiote et certaines pathologies, notamment les maladies inflammatoires et au- to-immunes. Si chaque individu garde une flore propre à lui-même, comme une sorte de signature, on s’est aperçu que la composition du microbiote varie en fonction de l’ali- mentation et a un impact sur la san- té. Par exemple, les personnes en situation d’obésité ont une perte de diversité dans leur flore intestinale. Pour agir sur cette biodiversité, deux stratégies thérapeutiques peuvent être envisagées. L’approche pro- biotique consiste à transférer directement dans l’intestin de l’hôte les groupes bactériens souhaités. L’approche prébiotique mise sur l’ingestion de composés alimentaires (comme des fibres solubles) pour induire un changement du micro- biote. Des essais de transfert de microbiote ouvrent également des pistes prometteuses pour le traite- ment ou en prévention de certaines maladies.

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